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Ce vendredi matin, 10 mai 1759 - Diderot à Sophie Volland

 

Nous partîmes hier à huit heures pour Marly. Nous y arrivâmes à dix heures et demie. Nous ordonnâmes un grand dîner, et nous nous répandîmes dans les jardins, où la chose qui me frappa, c’est le contraste délicat dans les berceaux et les bosquets, et d’une nature agreste dans un massif touffu de grands arbres qui les dominent et en forment le fond.

Il ne faut pas qu’il y ait beaucoup de statues dans un jardin. Il faut regarder les statues comme des êtres qui aiment la solitude et qui la cherchent, des poètes, des philosophes et des amants, et ces êtres ne sont pas communs. Quelques belles statues cachées, dans les lieux les plus écartés, les unes des autres, qui m’appellent, que j’aille chercher ou que je rencontre ; qui m’arrêtent, et avec lesquelles je m’entretiens longtemps ; et pas davantage ; et point d’autres.

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