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Le progrès humain par l'exemple

Mise en perspective :

« Les bas prix des salaires est un des plus grands vices des sociétés politiques de l’Europe. Si l’on donne au mot « salaire » toute l’extension dont il est susceptible, on trouvera que presque tous les citoyens d’un grand état reçoivent et donnent des salaires mais il n’est question ici que d’une espèce de salariés, les seuls dont le gouvernement doive se mettre en peine et qui ont besoin de ses soins ; ce sont les salariés du dernier ordre, de ces hommes sans propriété, sans capital, et n’ayant que leurs bras pour vivre. Cette classe est toujours la plus nombreuses d’une nation ; et par conséquent on ne peut dire heureuse une société où, par la modicité et l’insuffisance des salaires, les salariés ont une existence si bornée qu’ils à peine satisfaire leurs premiers besoins.

Malheureusement, et dans tous les Etats de l’Europe, une nombreuses classes de citoyens n’a pour vivre que les salaires, et ces salaires sont insuffisants. La mendicité s’étend chaque jour de plus en plus parce que les gouvernements ne lui opposent que des remèdes impuissants.

La politique de la tyrannie et celle du commerce ont méconnu et déguisé ces vérités. L’horrible maxime qui dit qu’il faut que le peuple soit pauvre pour qu’il reste soumis est encore celle de beaucoup de gens au cœur dur et à l’esprit faux. »

Benjamin Franklin, Réflexions sur l’augmentation des salaires qu’occasionnera en Europe la révolution d’Amérique, 1785

Franklin (1706 – 1790), publiciste, savant, un des fondateurs des Etats-Unis et ambassadeur auprès du roi de France.)

Deux cent trente ans après, inutile de commenter.

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